 |






 |
 |
Programme master culture
1
Contenu des cours Master
Culture 1er Semestre
Civilisation, culture : approches sociologiques et
anthropologiques
Joëlle Deniot
Parler de culture en sciences sociales, c’est définir des
dynamiques d’identification se présentant sous des modes
pratiques, revendicatifs à de échelles plus ou moins
institutionnalisées. Ce cours aborde en premier lieu les
approches Anthropologiques saisissant la culture au sens
radical, comme fait d’humanisation civilisant les échanges
sociétaux et interpersonnels à travers l’expérience du
symbolique, du mythique, de la loi et de l’Art. A côté de cette
Raison anthropologique, à dimension pluridisciplinaire,
ethnologues et sociologues vont réfléchir et enquêter sur « La
culture au pluriel ». En un second temps ce cours examine
comment démarches ethnographiques et concepts sociologiques vont
analyser des pratiques culturelles se déclinant en termes
d’ethnies, de peuples, de nations, de classes, de générations,
de genre… aux frontières plus ou moins perméables. Enfin la
culture n’étant qu’affaire de groupes mais aussi affaire d’Etat,
ce cours abordera les formes contemporaines de l’intervention
étatique dans les dites « politiques culturelles », et cela
depuis André Malraux.
Indications bibliographiques minimales :
> Michel de Certeau, La culture au pluriel , ed.
Christian Bourgois
> Edward Sapir, Anthropologie, Ed. de Minuit
> Georg Simmel, la tragédie de la culture, Ed Rivage
Sociologie des professions de la culture et trajectoires
artistiques
Les professions du domaine artistique sont extrêmement
diverses en terme d’activités comme de rémunération. Les
difficultés rencontrés par l’INSEE pour leurs classements en
termes de PCS en constituent à cet égard une illustration.
Traditionnellement, les tâches liées au spectacle vivant se
révèlent toutefois proches du secteur public alors que celles
concernant les industries culturelles sont majoritairement
l’apanage du secteur privé. Lorsque l’on se penche sur
l’évolution récente des situations d’emploi dans le secteur, on
perçoit quelques transformations majeures et globales.
Tandis que la qualification des artistes augmente, on assiste au
développement d’un secteur associatif très actif mais précaire
parce que répondant à des projets de commandes limités dans le
temps. Il faut ajouter que le nombre de personnes concernées par
le secteur artistique va toujours croissant. Cette situation,
fragile, perdure par la multiplication des cas de pluriactivité
et la généralisation d’un type contractuel particulier :
l’intermittence. A partir de ces tendances fondamentales, on
analysera dans le cadre de cet enseignement, la sociologie des
professions artistiques à partir d’une perspective structurelle
aussi bien que du point de vue des acteurs qui en sont partie
prenante.
Références bibliographiques :
> BUREAU Marie-Christine, « Le Statut de l’entreprenariat
artistique et culturel : une question d’économie politique »,
Centre d’Etudes de l’Emploi, Document de travail n°8, 2001,
http://www.cee-recherche.fr
> Cahiers Français, « Culture, Etat et marché », n°312,
Janvier-Février 2003, La Documentation Française
> DIRECTION DES STATISTIQUES, DE L’EVALUATION ET DE LA
RECHERCHE-ANPE, Arts et spectacles, Paris, La
Documentation Française, coll. « Rome, description et évaluation
des métiers », 1995
> MENGER Pierre-Michel, Portrait de l’artiste en travailleur,
Paris, Seuil, coll. « La république des idées », 2002
> PARADEISE Catherine, Les Comédiens. Professions et marchés
du travail, Paris, PUF, coll. « Sciences sociales &
sociétés », 1998
Méthodologie de projet 1
Les trois premières heures auront lieu dès le lundi
25 09 à 14 heures 30
Jacky Réault-
Les six heures de ce premier trimestre seront consacrées -
d'abord à une présentation accompagnée d'un texte écrit, des
conditions et des normes du stage, sous garantie de
l'institution universitaire, des objectifs du mémoire et des
normes de sa rédaction ; sachant que cette prestation, la
principale de la validation ne saurait se réduire à un vague
rapport de stage sans la légitimité universitaire classique
d'un texte référencé nourri d'une culture anthropologique et
"éditable" autour d'un véritable travail d'enquête monographique
et thématique. L'état mis en commun des projets de chacun à
cette date (ces heures seront programmées dès la première
semaine de cours) sera rapporté à un panorama de l'"offre" de
stages qu'il importe de ne pas borner au village nantais,
le vaste monde étant ouvert.
Grands domaines de la culture et politiques
culturelles
Les étudiants pourront ainsi choisir plus facilement leur
directeur de mémoire.
Ce cours de Master Culture est assuré conjointement par les
enseignants du Département de sociologie qui mènent des
recherches sur des thématiques liées à la culture. Chacun
viendra présenter ses travaux et en même temps un domaine
culturel particulier : la chanson (Joëlle Deniot), les cultures
populaires (Joël Guibert), le cinéma (Christophe Lamoureux), la
musique (Bernard Lehmann), la photographie (Sylvain Maresca), la
France est-elle encore le pays de la littérature sinon de la
BD ? (Jacky Réault), la variation européenne (Y. Tertrais).
Le cours de Jacky Réault aborde ce thème des domaines de la
culture de façon transversale et aussi plus spécifiquement celui
des politiques culturelles sous l’angle suivant :
Espaces temps des fondamentaux et des politiques culturelles
en France - Jacky REAULT, Agrégé d’Histoire.
La France pays singulier, d’une dialectique sans fin d’unité et
de diversité, donc pays de la littérature (Lepape), court
nécessairement depuis mille ans après une identification
« culturelle » et combat aujourd’hui la mondialisation en
inventant « l’exception ».pour le reste du monde résistant.
C’est sur ce temps long (Braudel) - également révélé par
les grandes sédimentations culturelles et civilisationnelles
dont son sol est palimpseste et sa langue ce trésor vivant
qu’approche la sémiographie, qu’il faut inscrire la petite
histoire récente des « politiques culturelles », de la Ligue de
l’enseignement à l’éducation populaire, de J Vilar à la
Fondation d’un Ministère par De Gaulle et Malraux, jusqu’à sa
bureaucratisation en « État culturel » jeuniste, niveleur,
festif, mercantile, gardien tyrannique d’un art officiel et
pourtant encore gardien (malgré lui ?) des précieuses
transmissions (la seule boussole historique) de la culture
nationale inséparable de l’art universel.
Comment caractériser la crise générale qui touche au sein de
l’omniprésente et résistible mondialisation, l’existence et la
légitimité de l’État culturel del la culture du tout se vaut
sinon en cherchant sociologiquement du côté de son rapport,
proximités et séparations, à sa société et au monde.
Rapport
> aux « classes » de maîtres (hyperbourgeoisie mondiale, classes
médiatiques des capitales nationales), (D Duclos)
> aux corporations-clientèles qu’il entretient dans et hors de
ses appareils, (fonctionnaires et dits professionnels), (M.
Fumaroli)
> à celle sollicitée, comme son seul peuple, la classe
culturelle d’E Todd, l’illusion économique.
> à celles qu’il méprise en prétendant les promouvoir par de
la quantité, des moyens et du divertissement, la majorité d’un
peuple par lui, désymbolisé.
Aucun livre ne résume un propos inédit construit pour ce
mastère, qu’alimenteront, - lieux communs des sciences sociales
-, des documents anthropologiques, géographiques, historiques et
conjoncturels.
Bibliographie indicative :
Pierre Lepape, Le Pays de la littérature Seuil 2003.
Laurent FLEURY Le public populaire du T.N.P. de Vilar :
une catégorie réalisée In J.Deniot Ed, A Pessin, Dir. du
GDR Opus, Les peuples de l’art Préface de Joëlle Deniot,
directrice du Lestamp l’Harmattan 2005.
Philippe Urfalino. L’invention de la politique
culturelle. Hachette 2004
Master Culture second semestre
Cultures et mondes de L’art - Sociologie de l’art,
approche des œuvres
Qu’est-ce qu’un objet esthétique ? Qu’est-ce qu’une œuvre ? un
artiste ? une création ? La beauté de l’œuvre se définit-elle en
dehors de sa réception ? Qu’est-ce qu’un art populaire ? Comment
ces questions se sont-elles posées historiquement, comment les
penser actuellement dans les grandes lignes de leurs
déplacements et métamorphoses ? Ce cours abordera de façon
critique, les approches différentielles que l’anthropologie et
la sociologie apportent à ces questions. Après examen de ces
réponses plurielles, nous nous demanderons quels liens
sociologie de l’art et sociologie esthétique entretiennent avec
l’histoire, la critique et la philosophie de l’art, disciplines
frontalières pour envisager la compréhension ces objets.
Roland Barthes, Mythologies, Seuil, 1967
Jean Duvignaud, Sociologie de l’art, PUF, 1967
HR Jauss, Pour une esthétique de la réception, Gallimard,
1978
Patrice Hugues, Tissu, travail et civilisation, Editions
Médianes,
Publics, arts et stratification sociale
Les « publics de quelque chose », envisagés comme
communautés provisoires de quête et/ou de « réception
consommée » des œuvres, doivent d'abord s'analyser selon leur
inscription dans le schéma marxien de production-distribution
(+publicité)-consommation et selon le modèle d’analyse à la fois
durkheimien et bourdieusien de transformation du profane en
sacré (et, parfois, inversement).
Dans un cadre précisément hexagonal, on parlera aussi d’une
analyse en termes de grandes différenciations (âge, sexe,
classes, sous-cultures). On verra aussi comment la philosophie
(Hobbes, Hume, Kant, Hegel) peut être solliciter pour produire
une définition du public, et dans une problématique
interactionniste, on s’intéressera aux approches méthodologiques
pour apprécier les « qualités empruntées » et les
caractéristiques des publics selon les formes individuelles ou
groupales d'émission et de réception.
Références bibliographiques :
G. W. F. Hegel, Esthétique, « Introduction » (152 pages), 1997.
E. Durkheim, « De l’irréligion de l’avenir », 1887.
E. Durkheim, Représentations individuelles et représentations
collectives, 1898.
E. Durkheim, « La sociologie en France », 1900.
E. Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse, 1912.
J-P Esquenazi, Sociologie des publics, 2003
E. Ethis (dir.) Avignon, le public réinventé, 2002
O. Donnat, Les pratiques culturelles des Français, la
documentation française, 1998
B. Lahire, La culture des individus, 2004.
O Donnat, P. Tolila, Le(s) public(s) de la culture, 2 tomes,
2003.
|
 |
 |